Lutte contre la pauvreté par l’éducation scolaire : les parents s’investissent dans des activités génératrices de revenus

HELVETAS représentant la Commune de Muensingen appuie l’Association VOZAMA depuis 13 ans dans le cadre d’un programme de lutte contre la pauvreté par l’éducation scolaire des enfants. Ce projet comporte aussi une action d’appui aux parents qui ont besoin d’un revenu stable pour scolariser leurs enfants. Les acquis sont nombreux et encourageants. La réinsertion scolaire en 2016 connait un succès important : 9’595 enfants sur les 10'000 prévus ont suivi les cours de préscolarisation de 2 ans. L’intervention de VOZAMA se situe en priorité dans des villages ruraux enclavés des régions d’Ambositra et de Haute-Matsiatra, où les effets de la pauvreté se font le plus ressentir. Dans ces zones, bon nombre d’enfants ne sont pas scolarisés ou connaissent une scolarisation irrégulière en raison de la fatigue due à la malnutrition, l’absentéisme dû aux maladies ou encore le long trajet à pied pour rejoindre les écoles.
L’approche de VOZAMA inclut une dynamique de développement global par des actions d'éducation et de formation. Les parents s’engagent dans des Comités villageois et reçoivent une formation liée au développement : techniques agricoles (plantation, protection des sols, reboisement), hygiène et santé, construction de latrines, planning familial, gestion des pistes et adductions d’eau pour les villages, etc.

En novembre 2016, une nouvelle initiative de deux ans a été lancée au niveau des communes d’Alakamisy Ambohimaha, Ambalamahasoa et de Vinaninoro Ouest, région Haute-Matsiatra. Ces communes ont été choisies en raison du dynamisme des parents d’élèves ainsi que des autorités locales. Il s’agit de mettre en place des activités génératrices de revenu pour 9'000 parents pour les aider à sortir de la pauvreté et à construire une activité stable.

Dans la présente phase pilote, la sélection des familles bénéficiaires a été effectuée par le biais de l’outil ‘photos de famille' ’. 139 ménages sur les 205 enquêtés ont été retenus comme partenaires. Ces familles sont décrites de classe moyenne par l’outil, elles arrivent à subvenir aux besoins quotidiens sans pouvoir épargner. Ces bénéficiaires contribuent à hauteur de 30% des investissements la première année et jusqu’à 70% pour l’année suivante, le but étant de les rendre financièrement autonomes à la fin du projet.

Deux filières ont été retenues selon le choix des familles : aviculture (élevage de poulets traditionnels pour 81 ménages et de canard mulard pour 28 ménages), et agriculture (culture de pois de bambara pour 16 ménages et ail pour 14 ménages). Le manque de temps causé par des occupations très diversifiées et l’insécurité grandissante dans toutes les régions sont les principaux facteurs de blocage au développement pour les familles rurales. Les parents bénéficiaires du projet ont montré leur motivation à participer aux différentes formations techniques qui leur étaient dispensées :
  • Formation sur la fertilisation du sol, courbe de niveau et technique culturale, la lutte contre la maladie et les insectes ;
  • Formation sur la mise en place des accessoires, alimentation, vaccination et déparasitage et conduite de l’élevage en général.
Une formation en gestion d’exploitation constitue la prochaine étape.
 
Ces 139 familles reçoivent un apport de base pour leur permettre de démarrer leur activité : 30 kapoaka de semences de pois de bambara par ménage, 3 têtes de volailles (1 mâle et 2 femelles) après mise en quarantaine, 8kg de semences d’ail.

A titre d’exemple, pour l’élevage de poulet traditionnel, chaque ménage bénéficiaire contribue avec un apport de 23'250 ariary (8 CHF) et le projet de 50'400 ariary (17 CHF) pour le coût d’acquisition des poulets, le coût des vaccins et du déparasitage. En parallèle, VOZAMA les appuie dans la recherche de débouchés pour la vente des produits en participant à des foires et à des évènements régionaux.


Pour télécharger les photos en haute résolution, veuillez cliquer sur l'image.
  • des bénéficiaires qui ont choisi la filière aviculture
  • des bénéficiaires avec les semences de pois de bambara