Les mains avant la bouche

Le projet EZAKA ou Projet d’appui à la réduction de la vulnérabilité des ménages ruraux a été initié par la Mairie de la Commune Rurale de Masindray, et qui s’inscrit dans la continuité de leur Plan Local de Développement 2016.

Le projet EZAKA cible les familles vulnérables pour en faire des acteurs de développement par la réhabilitation des infrastructures publiques : pistes et ruelles, terrain de foot, canaux d’évacuation ou d’irrigation, etc. Il consiste à la mise en place, par le biais du système de HIMO (haute intensité de main d’œuvre), d’un changement de comportement des ménages vulnérables, en leur fournissant un revenu et la possibilité de faire des épargnes pour financer une activité génératrice de revenu, profitable et pérenne, tout en contribuant au développement de la Commune.

Le projet se divise en une dizaine de phases, s’étale sur 24 mois et touche 110 familles issues de 11 fokontany, catégorisées comme les plus vulnérables selon l’outil « photo de famille » que HELVETAS Madagascar utilise pour catégoriser les familles sur base d’indicateurs simples (état de la maison, scolarisation des enfants, source de revenus principale, etc.). Chaque phase comprend 4 « ezaka » ou efforts.
Masindray est une commune rurale à la périphérie de la capitale, dans le District d’Antananarivo-Avaradrano, Région Analamanga. Elle est réputée pour la production de fruits, légumes et fleurs à destination du marché d’Antananarivo.

Le mot « EZAKA » signifie « effort » et la devise du projet est « la main avant la bouche », pour signifier qu’il faudrait travailler avant de pouvoir manger. Le système HIMO (ou travail contre argent) constitue un support financier à cet exercice de changement de comportement pour les ménages vulnérables. Ce système permet d’organiser des séances de formation et d’apprentissage. La communauté est impliquée, régulièrement consultée pendant la durée des travaux et choisit l’infrastructure à réhabiliter. Un accompagnateur les aide à développer et maitriser la gestion des revenus générés.

La rémunération journalière d’un travail en HIMO est fixée à 5'000 ar (1.6 CHF) par le Ministère de la Population de Madagascar. La moitié de cette somme est versée comme épargne pour les ménages participants. Les travaux occupent 4 heures par jour, la première partie est consacrée à une formation. Le montant de chaque épargne atteint les 250.000ar (80 CHF) par famille à la fin de chaque phase du projet.

Avec l’épargne accumulée, les familles arrivent à mettre en place une activité de production, qui deviendra leur source de revenu stable. L’agriculture étant sujette aux aléas climatiques, la Commune a choisi de prioriser des activités d’élevage à cycle court selon les fokontany ou quartiers : cuniculture (élevage de lapin), aviculture traditionnelle, pisciculture, porciculture. Un opérateur en restauration a émis le souhait d’entrer en collaboration avec ces familles pour la fourniture de 600 kg de poulets par semaine.

Une activité d’entraide est organisée chaque vendredi après-midi pour les bénéficiaires du projet. Cet échange de services, basé sur la culture locale, sert à mobiliser des mains d’œuvres pour la construction des infrastructures d’élevage sans avoir à rémunérer des tacherons.
Pour sa part, la Commune mobilise des agents de développement rural d’un projet du Ministère de l’Agriculture, des vétérinaires pour la surveillance épidémiologique, des ouvriers spécialisés pour la construction, etc. Une sorte de compétition interne est mise en place pour motiver les familles, dont la meilleure au classement gagnera une réhabilitation de maison par la Commune.

Les quelques témoignages récoltés ci-après illustrent l’appréciation du projet EZAKA par les bénéficiaires directs.


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