Rural Water Supply Network (RWSN) : une opportunité de partage d’innovation

Du 29 novembre au 01 décembre 2016, le 7ème forum du Rural Water Supply Network (RWSN)  a eu lieu à Abidjan, Côte d’Ivoire. Regroupant différentes organisations dynamiques à travers le monde, le réseau a retenu cette année comme titre du forum « l’eau pour tous » en mettant l’accent sur l’apprentissage et le partage de connaissances, sur les aspects pratiques plutôt que politiques. HELVETAS Swiss Intercooperation Madagascar a saisi cette opportunité pour présenter aux professionnels et aux praticiens de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural un article court intitulé : « Investisseur Gestionnaire : une approche pour un service durable de l’eau potable à Madagascar».

 
L’article met en valeur le Partenariat Public-Privé avec le projet pour cofinancer à la fois la construction des infrastructures et la gestion contractuelle du service d’approvisionnement en eau potable. L’approche Investisseur Gestionnaire apporte une réponse adéquate aux limites et inefficacité de la gestion associative et communautaire traduite par des ouvrages mal on non entretenus et un service d’approvisionnement en eau potable discontinu.

Le choix de l’opérateur se fait par appel d’offres ouvert au niveau national et une commission paritaire constituée par des représentants de la commune, des futurs clients bénéficiaires, de la Direction Régionale de l’Eau Assainissement Hygiène appuyée par le projet, attribue le marché de construction et de gestion post infra. Les critères d’attribution sont basés surtout sur l’apport en capital propre du privé, le montant demandé de la subvention, le prix du service proposé aux clients ainsi que les types de branchement de proximité à mettre en place.

Comme premiers résultats partagés, le privé a contribué au financement de l’installation des ouvrages à hauteur d’environ 10% du montant total, la commune à +/- 05% et le reste par le projet (jusqu’à 85%). Trois systèmes d’Adduction d’Eau Par Pompage (AEPP) solaire sont contractualisés aves deux opérateurs privés pour desservir plus de six mille personnes (6 000 hab.). Même les familles vulnérables adhèrent au service en cherchant de l’eau payante au niveau du kiosque avec fontainier (2.5 MGA le litre) ou auprès des foyers disposant de leur propre branchement d’eau. L’analyse en profondeur du plan d’affaires de l’entreprise renseigne que le retour d’investissement aura lieu après six ans  tandis qu’une marge bénéficiaire du service commence dès la troisième année d’exploitation.

L’Investisseur Gestionnaire installe les ouvrages, branche les ménages volontaires, assure les maintenances, facture les consommations et paient les redevances à la commune. Les foyers se connectent au réseau, paient les consommations et s’organisant pour veiller à la performance du service, c’est-à-dire de l’eau potable respectant les normes requises, en quantité suffisante selon les besoins, disponible au moment voulu donc continue. La commune à travers son service technique veille au respect des clauses contractuelles avec l’opérateur privé, exécute le plan d’actions financé par les redevances du service et rend compte aux populations de l’évolution des services d’eau potable, assainissement hygiène.

Cinq conditions sont à considérer pour un service performant :
  1. Une commune forte ayant la volonté de travailler avec le privé et disposant d’un service compétent pour le développement du processus en entier. La commune devrait jouer la transparence et faire de la rigueur dans la gestion des contrats avec le privé.
  2. Entreprise privée ayant du capital à apporter et qui partage la vision de l’eau potable de proximité pour tous en offrant différents branchements adaptés aux besoins des consommateurs. Il leur appartient aussi de contribuer Apporter
  3. Le périmètre de délégation de gestion soit au-delà du seuil minimal de rentabilité (2 000 hab.). En deçà de ce seuil, le système n’est pas viable et le service  aura du mal à faire survivre. La rentabilité commerciale prime si on veut que le privé réponde à la déficience en infrastructures et à la performance du service d’eau potable.
  4. Les clients sont actifs et dynamiques. Ceci se traduit par la volonté de se brancher, le paiement des consommés et l’organisation pour défendre leur intérêt qu’est la performance du service. Qu’ils osent dénoncer, réclamer les anomalies et se lèvent en faveur des concitoyens n’ayant pas encore accès à l’eau potable.
  5. Des organisations ou des institutions sont nécessaires pour l’accompagnement du processus. Il faut par exemple l’Etat central ou un projet/programme d’ONG ou autre bailleur pour cofinancer les infra structures, les activités de renforcement de capacité, et le suivi du modèle sur place.
La présentation a attiré l’assistance sur trois points de discussion à savoir :
  1. Comment assurer le triangle de redevabilité entre le privé, la commune et les clients pour la performance et une bonne gouvernance locale du service
  2. Comment assurer la qualité de l’eau du point de puisage jusqu’à la consommation pour éviter la recontamination de l’eau potable au niveau ménage pendant le stockage et la consommation
  3. Quand le projet, principal bailleur est terminé, qui va prendre le relais pour financer et supporter le modèle mis en place  
Les deux questions posées à l’exposant lors de la séance étaient :
  • Qui va assurer le contrôle du développement de ce modèle ? La réponse était que les signataires feront des suivis réciproques entre eux même si chaque entité assume ses propres responsabilités. Le contrat peut être soumis à révision après quelques années de mise en oeuvre (5 ans) entre la commune et l'opérateur et chaque année, une séance plénière aura lieu pour faire une revue/un bilan du service et de l’engagement contractuel. Si jamais le contrat n’est pas respecté, le Ministère à travers son organe de régulation va trancher.
  • Est-ce que le privé se retrouve dans le modèle ? Avec le cas présenté, des opérateurs adhèrent au modèle mais il faut continuer à réfléchir sur les éléments qui les motivent en plus. Lancer un appel d’offres pour quelques systèmes dont ceux rentables sont à combiner avec ceux non rentables ; renforcer le mandat de gestion avec d’autres activités sources de surplus de revenus comme l’assainissement ou autre s’avèrent des pistes à expérimenter.
L’intérêt de l’assistance s’est manifesté par les nombreuses questions, les discussions après la séance et l’échange de contacts pour maintenir et continuer les réflexions.

(Télécharger la Présentation de Heritiana RAKOTOMALALA (HELVETAS Madagascar) lors du 7è forum du Rural Water Supply Network)
 


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